Communiqué Mary Flor ... Novembre 2010
Quoiqu’il en soit la retraite sera longue !
Quels moyens mettre en place pour qu’elle soit belle ?
Quelle que soit la position des uns et des autres sur l’âge du départ à la retraite, un fait est constant : la durée de vie progresse de manière importante. La forme physique et intellectuelle demeure pendant de longues années après la fin des activités professionnelles.
Après l’enfance, l’adolescence, l’âge mûr et la retraite active, une période de vie s’impose, qui atteindra de plus en plus souvent les alentours de 100 ans.
Le finistérien Martial Bouédec, se passionne par cette dernière période de la vie. A travers la création de 6 « résidences services » pour personnes âgées il a constaté une évolution extrêmement rapide particulièrement ces 10 dernières années :
« En l’an 2000, l’âge moyen d’entrée dans nos résidences était de 78-80 ans. Dix ans plus tard, il est de 83-85 ans ».
En EHPAD (Etablissements d’Hébergement de Personnes Agées Dépendantes), la progression est encore plus rapide. Cet âge moyen est passé de 80 ans à 90 ans. »
La différence de progression de l’âge d’entrée dans les deux types d’établissements tient au fait que l’admission en EHPAD se fait sur des critères quasi-médicaux de dépendance, alors que l’intégration dans une « Résidence Services » tient à une recherche de confort, d’assistance, d’une vie plus facile et mieux encadrée, moins solitaire, au moment où certains actes de la vie quotidienne deviennent trop contraignants.
Malgré l’impact de maladies du type Alzheimer, la forme physique et intellectuelle se prolonge de plus en plus tard : « Des études récentes ont permis de constater qu’aujourd’hui les personnes de 80 ans ont le ressenti de forme physique et intellectuelle de leurs parents à 65 ans », souligne Martial Bouédec, « 15 ans d’écart en une génération ».
La grande question est de savoir comment bénéficier au mieux de ce bonus de vie et particulièrement des années qui suivent « la retraite camping-car », cette période vécue en pleine forme et durant laquelle les mieux lotis se divertissent par le sport, les loisirs et les voyages.
Martial Bouédec suit avec passion les études et recherches pratiquées en ce domaine par les sociologues, gérontologues, psychologues et statisticiens car, dit-il, « la société n’a pas les moyens de prendre en charge ce supplément de vie qui peut-être très agréable mais qui nécessite pour cela une organisation nouvelle et une attention véritablement spécifique.
Les services ne sont pas les plus difficiles à apporter. Au niveau d’une résidence, en reconstituant une atmosphère de village dans lequel les résidants ont leur propre petite maison ou leur appartement, il est simple d’aménager une restauration adaptée, des salons de coiffure, de soins corporels, des rendez-vous médicaux et tout ce qui concerne les aspects pratiques. Mais tout cela ne suffit pas à vivre heureux.
En constatant que les besoins intellectuels et relationnels étaient plus importants encore que les besoins physiques, nous sommes amenés à mettre en place des mesures que nous n’imaginions pas auparavant :
- Favoriser les échanges inter-générations en proposant des chambres, des espaces, des manifestations à des non-résidants et notamment aux familles.
- Créer en permanence des événements culturels : diffusion de films à thèmes, expositions de peintures, sessions d’œnologie, chorales…
- Faire travailler les fonctions cognitives, et la mémoire en favorisant par exemple l’écriture de sa propre biographie
- Organiser des activités « sportives » qui vont jusqu’à la « compétition » au challenge
- Développer les échanges en favorisant les rencontres entre résidants par une architecture innovante aussi bien qu’à travers des événements tels que les anniversaires.
- Maintenir bien entendu le tonus physique et le bien-être avec des espaces de remise en forme
- Stimuler les fonctions d’éveil et de réflexe avec des jeux électroniques tels que la WII
Tout cela parait simple et évident mais demande aussi beaucoup de psychologie et d’attention car il est pratiquement toujours nécessaire d’inciter, de stimuler des gens qui sont toujours heureux après coup »
Ce qui est possible en résidence, l’est beaucoup moins quand les personnes âgées demeurent dans le domicile où elles ont passé leur vie. Dans les deux cas, de nombreux nouveaux métiers sont en train de se développer pour l’aide à la personne. Il s’agit de l’un des rares secteurs où la demande de personnel est de plus en plus importante.
« L’évolution est tellement rapide, la demande va évoluer tellement vite, les bonnes pratiques exigent tellement d’expérience » estime Martial Bouédec, « qu’il me paraît très important d’organiser au plus vite une réflexion sur ce qu’il faut mettre en place pour apporter le plus de bonheur possible aux personnes âgées et très âgées . Je songe à un colloque sur ce thème qui pourrait rassembler les spécialistes et déboucher sur la mise en place de ce qui est nécessaire à une vraie vie et non pas à une survie. »
Martial Bouédec a été amené à s’intéresser au cadre de vie des personnes âgées par l’architecture. Après plusieurs années de réalisations à travers le monde pour le compte de grands opérateurs du BTP et la construction notamment de résidences et hôtels de standing, il a mis la culture acquise au profit de la conception de résidences pour personnes âgées. Passionné par cette problématique, il a pris son indépendance et mené à bien six projets avec, dans le Grand Ouest la résidence Mary Flor de Vannes-Plescop et celle de Nantes-Carquefou.
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